• Tout ou Rien © Cie Les Crayons
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TOUT OU RIEN

d’après Thomas Bernhard

Extraits du texte Tout ou Rien de Thomas Bernhard in Dramuscules ed. Arche
Adaptation et texte additionnel : Aurélie Vilette

Mise en scène : Dominique Levrier – Jeu : Alexandre Pallu et Aurélie Vilette

Scénographie et réalisation des pantins : Aurélie Vilette – Création sonore : Nikho Def

Natacha rêve, dans sa télé cassée, de faire la télé pour de vrai. Elle invente un jeu télévisé stupide, ou « les plus hautes personnalités de l’état » se retrouvent pour gagner des voix.

Coté pile, c’est rien. Trois poubelles derrière le décor. Natacha vit là.
Elle a fait le trottoir, mais “aujourd’hui, on racole plus, même plus çà, à cause des trois, là… “. Elle a peuplé sa solitude de trois pantins, ces trois là… et d’un drôle d’individu, muet, qui compte bien moins qu’eux. Elle les nourrit, leur parle, les maltraite à l’occasion.
Représentent-ils les hommes de sa vie ? Ceux qu’elle n’a jamais eus ? Un fils perdu, un père encombrant ?  Ou les hommes politiques qu’elle rend responsable de sa chute ?  Elle s’invente un monde, règle ses comptes avec la vie, nous fait rire d’un rien, et se prépare… Natacha rêve dans sa télé cassée de faire la télé pour de vrai.

Côté face, c’est tout ! Natacha nous invite à son grand jeu poubelle.
Images choc, musique tonitruante, rire obligatoire.
De l’autre côté du décor, les poubelles sont devenues pupitres, et les pantins “les trois plus hautes personnalités de l’état “. Ils sont aux prises avec un jeu stupide, où tout est bon pour gagner des voix. Natacha et son assistant se déchaînent pour faire comme à la télé, en presque pire puisque c’est toujours pire. À la télé tout est possible on sait : même le racolage qui n’est plus un délit, même la pêche aux voix dans un bidon d’purin.

Tout ou Rien est une farce. Natacha y clowne un monde où la misère fait partie du système mais ne doit pas se voir ; où le cynisme et la domination deviennent de bon ton, dans le discours politique comme dans l’émission de divertissement. Un monde sans pitié c’est normal. Le cerveau doit rester disponible, aveugle au monde et apte à consommer. Reste le rire, pour mieux exorciser, et souligner au crayon gras.